Grossesses arrêtées du premier trimestre : comprendre les symptômes, les causes et l’impact émotionnel 

Grossesses arrêtées du premier trimestre : comprendre les symptômes, les causes et l’impact émotionnel 

La grossesse arrêtée, (aussi appelée avortement spontané) correspond à l’arrêt naturel d’une grossesse avant 22 semaines d’aménorrhée.

Elle est plus fréquente qu’on ne le pense, (environ 15 à 20% des grossesses*) notamment au cours du premier trimestre.  

 On vous en dit plus avec une Sage-femme sur comment mieux comprendre les symptômes, les causes possibles ainsi que l’impact émotionnel.

10 remèdes naturels pour soulager les douleurs de règles (dysménorrhée) Vous lisez Grossesses arrêtées du premier trimestre : comprendre les symptômes, les causes et l’impact émotionnel  4 minutes Suivant Pertes vaginales : le guide pour comprendre ce qui est normal (ou non)

Quels sont les symptômes d’un arrêt de grossesse ? 

 

Les symptômes varient selon les femmes et le stade de la grossesse. 

 

Les signes physiques les plus fréquents 

 

  • Saignements vaginaux (légers ou abondants, rouges ou bruns) 

  • Pertes de tissus ou caillots sanguins 

  • Douleurs abdominales ou crampes, parfois plus intenses que des règles 

  • Douleurs lombaires 

  • Disparition soudaine des signes de grossesse (nausées, seins douloureux) mais attention il peut arriver que ces symptômes se stoppent alors que tout est normal.  

  • Fièvre ou frissons en cas d’infection 

⚠️ Des saignements ne signifient pas toujours un arrêt de grossesse, mais nécessitent une consultation. 

 

Grossesse arrêtée précoce et grossesse arrêtée silencieuse 

 

La grossesse arrêtée survient avant 12 semaines de grossesse. Elle est la plus fréquente et souvent liée à un embryon non viable, en raison d’anomalies chromosomiques (trisomie, aneuploïdie). 

La grossesse arrêtée silencieuse, quant à elle, ne provoque parfois aucun symptôme. L’arrêt du développement est découvert à l’échographie, sans saignement ni douleur apparente. 

 

Quelles sont les causes d’une grossesse arrêtée ? 

 

Dans certains cas, la cause est génétique 

 

Causes médicales fréquentes 

 

  • Anomalies chromosomiques (cause principale des grossesses arrêtées) 

  • Problèmes utérins (utérus cloisonné, fibromes, polypes, béance du col) 

  • Déséquilibres hormonaux (thyroïde, insuffisance lutéale, SOPK) 

  • Problèmes immunitaires (syndrome des antiphospholipides) 

  • Infections (listériose, rubéole, CMV, toxoplasmose) 

  • Maladies chroniques (diabète mal contrôlé, hypertension) 

 

Facteurs de risque 

 

  • Âge maternel inférieur à 20ans ou supérieur à 35 ans  

  • Tabac, alcool, drogues 

  • Surpoids ou obésité 

  • Stress important 

  • Facteurs paternels (âge, qualité du sperme qui diminue à partir de 40 ans) 

  • Exposition à certains produits chimiques 

  • Arrêts de grossesse à répétition (3 pertes successives ou plus) 

 

Diagnostic : comment confirmer un arrêt de grossesse ?

 

En cas de doute, une consultation chez un gynécologue ou une sage-femme est essentielle. 

Le diagnostic repose sur : 

  • Examen clinique 

  • Prise de sang (dosage HCG) pour vérifier l’évolution hormonale 

  • Échographie pelvienne ou endovaginale pour observer le sac gestationnel, l’embryon et l’activité cardiaque 

Selon la situation, la prise en charge peut être naturelle, médicamenteuse ou nécessiter un curetage ou une aspiration. 

 

À distinguer : grossesse extra-utérine et mole hydatiforme 

 

Il est important de ne pas confondre arrêt de grossesse et grossesse extra-utérine, où l’embryon s’implante hors de l’utérus. Cette situation est une urgence médicale. 

La mole hydatiforme, plus rare, correspond à un développement anormal du tissu placentaire et nécessite un suivi spécifique. 

 

L’impact émotionnel de l’arrêt de grossesse

 

Au-delà des symptômes physiques, c’est un véritable deuil périnatal. 

 

Les émotions peuvent être intenses : 

  • choc, tristesse, colère 

  • culpabilité 

  • anxiété, dépression 

  • peur d’une nouvelle grossesse 

  • sentiment d’isolement 

La douleur est légitime, même lorsque l’arrêt de la grossesse est très précoce. Le couple peut également être fragilisé. 

 

Se faire accompagner 

 

Parler à un professionnel de santé, consulter un psychologue ou rejoindre un groupe de parole peut aider à traverser cette période. La santé mentale des femmes mérite une attention particulière après un avortement spontané. 

 

En résumé 

 

La grossesse arrêtée est parfois le fruit d’un problème chromosomique mais parfois aucune cause n’est identifiée et ce n’est pas toujours facile de ne pas avoir les réponses à toutes les questions. Quoi qu’il en soit, vous n’êtes pas responsable de ce qui vous arrive et il est important de ne pas porter le poids de la culpabilité. 

Les symptômes de l’arrêt de grossesse incluent principalement des saignements vaginaux et des douleurs abdominales, mais certaines formes, comme la f grossesse arrêtée silencieuse, peuvent passer inaperçues.  

Au-delà du médical, il est essentiel de reconnaître l’impact émotionnel et de s’accorder du temps pour faire son deuil. 

💛 Une fausse couche n’est ni une faute ni un échec. C’est une épreuve qui mérite compréhension, respect et soutien. 

Article co-écrit avec Myriam Ben Balla, Sage-Femme.

*source assurance maladie

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